La charge mentale, ou cette étrange impression d’être indispensable
On parle beaucoup de charge mentale.
Souvent comme d’un enjeu personnel. D’organisation. De gestion du temps.
En relations publiques, c’est autre chose aussi.
C’est penser pour que rien ne tombe.
Anticiper pour que rien n’explose.
« Porter » des dossiers, des personnes, des risques et des contextes… en même temps.
Depuis quelques années, je me rends compte que la fatigue générale ne vient pas tant de la quantité de travail que de tout ce qu’on porte en permanence dans sa tête.
Dans mon dernier texte d'infolettre, je fais le lien entre :
– La charge mentale en relations publiques;
– Le mythe de l’indispensabilité;
– Et la nécessité de professionnaliser nos façons de faire pour créer des systèmes plus solides que les individus.
Je vous propose un texte ancré dans la pratique, sur la responsabilité invisible, la gouvernance, et ce que ça veut dire, concrètement, « tenir la baraque » en relations publiques.
Les organisations doivent-elles encore dépendre des réseaux sociaux?
Pendant longtemps, je répondais automatiquement oui à la question : « Doit-on être sur les réseaux sociaux? » Aujourd’hui, ma réponse est plus nuancée. Je vois trop d’organisations s’épuiser à nourrir les algorithmes au détriment de leur mission. Dans ce billet, je réfléchis à notre dépendance aux plateformes et à la place réelle des réseaux sociaux dans la construction de la confiance et de la réputation.
Quand le silence devient un message : posture professionnelle, ghosting et impact sur les relations publiques
On parle rarement du ghosting en milieu professionnel. Pourtant, ces courriels sans réponse et ces suivis qui n’arrivent jamais disent souvent quelque chose de plus grand que l’impolitesse : ils révèlent l’épuisement, la surcharge et l’essoufflement de nos systèmes relationnels. Dans ce billet, je réfléchis à ce que ces silences nous apprennent sur la confiance, les équipes et les organisations.
L’évaluation : ce miroir parfois fragile de la vie professionnelle
Cette semaine, mes personnes étudiantes vont évaluer mon cours. C’est un moment un peu particulier pour moi.
Parce que chaque fois que je me retrouve dans une situation d’évaluation, une vieille mémoire professionnelle refait surface. Pendant longtemps, mes évaluations étaient simples à lire : « engagement exceptionnel », « rigueur », « leadership », « solide capacité à mener des projets ambitieux de front ». Je sortais de ces rencontres avec le sentiment que l’énergie investie dans mon travail était vue.
Puis, en gravissant les échelons, quelque chose a changé. Du jour au lendemain — ou presque — je ne correspondais plus tout à fait aux « standards attendus ».
Et pourtant, dans ma perception, c’était l’inverse : plus je montais, plus je m’investissais : plus d’heures, plus de responsabilités, plus de pression.
Un jour, une phrase m’a été lancée en pleine évaluation : « Je ne te fais pas confiance. » Quand on est profondément engagé.e dans son travail, ce genre de phrase peut fissurer quelque chose de très intime.
Les évaluations ont ce pouvoir étrange : elles peuvent soutenir une trajectoire…
ou ébranler l’estime de soi professionnelle.
Dans les métiers des relations publiques, cette question est encore plus sensible.
Parce que nous sommes rarement des personnes qui se contentent du minimum : nous portons des crises, des réputations, des organisations ou encore des causes.
Et soyons honnêtes : beaucoup d’entre nous sommes des overachievers. On ne compte pas toujours les heures. On dit rarement non. On veut toujours faire mieux que ce qui est demandé.
Alors oui, les évaluations peuvent parfois sembler ingrates. Et pourtant… je reste convaincue qu’elles sont nécessaires.
Assez, c’est assez : « faire du PR », ce n’est pas notre métier
Je n’en peux plus d’entendre l’expression « faire du PR ». Comme si les relations publiques se résumaient à jaser dans un cocktail et à se faire voir. Derrière notre profession, il y a pourtant de la stratégie, de l’éthique, de la rigueur et de la gestion de la confiance. Dans ce billet, je réfléchis à ce que cette expression banalise et à pourquoi les mots comptent.
Les communications relations publiques ne sont pas un métier fourre-tout
Je suis tombée cette semaine sur une offre d’emploi en communications internes qui débutait par : « Amis journalistes, vous aimez les récits… »
Ça m’a fait réfléchir.
Non pas parce que je remets en question la valeur du journalisme, bien au contraire. Mais parce que cette phrase illustre une idée encore trop répandue : celle que les communications se résument à produire du contenu.
Après plus de 25 ans sur le terrain, je suis convaincue que les communications sont une fonction stratégique. Elles touchent la confiance, la mobilisation, la gestion du changement, la réputation et les relations humaines.
Dans ce billet, je parle de la banalisation des relations publiques, du rôle réel des communications internes et de certaines expériences qui ont façonné ma vision du métier.
Les relations publiques deviennent plus importantes que le marketing à l’ère de l’IA
Je vais probablement créer un léger inconfort en disant ceci, mais je pense sincèrement que les relations publiques redeviennent aujourd’hui plus stratégiques que le marketing dans plusieurs organisations.
Et je dis cela avec énormément de respect pour le marketing, parce qu’à mes yeux, les deux disciplines ne devraient jamais être opposées. Elles sont profondément complémentaires.
Mais je pense sincèrement que nous sommes en train de sortir de l’économie de l’attention pour entrer dans l’économie de la confiance.
Depuis des années, les organisations se battent pour : de la production de contenu, de la rapidité, de la visibilité, des clics, des conversions, des algorithmes, de l’engagement. Vous voyez le topo. L’économie de l’attention, en bref, et à fond.
Et ça a fonctionné.
Par contre, aujourd’hui, tout le monde peut produire du contenu. Tout le monde peut générer des campagnes. Tout le monde peut écrire des publications « authentiques ». Tout le monde peut fabriquer une image de marque crédible en apparence. L’IA est en train de démocratiser la création à une vitesse complètement folle. Les outils donnent l’impression que tout est accessible, simple, instantané… et surtout moins cher. Attention : ce n’est pas parce que tout devient « plus facile » que tout devient « qualité »! Que non!
Entre produire du contenu et construire de la confiance, il existe un monde. Et c’est exactement là où les relations publiques re.prennent une place fondamentale.
Pourquoi? Parce qu’il y a une différence immense entre : créer de la visibilité et soutenir de la crédibilité.
À mon avis, à l’ère de l’IA, la vraie question n’est plus : « Est-ce qu’on nous voit ? » Mais : « Est-ce qu’on nous croit encore ? »