Ce que nous cessons de voir lorsque nous ne cessons de ralentir
Je pense souvent à un petit papier. Dessus, une seule phrase : « Demander à Guyane comment elle va. » Un gestionnaire avait écrit ça pour se rappeler de prendre de mes nouvelles. C’était la seule chose qu’il avait en note pour mon évaluation annuelle.
Cette phrase me fait toujours réfléchir. Parce qu'elle raconte quelque chose que j'observe dans les organisations. Je vois que nous sommes capables de suivre des centaines d'indicateurs en temps réel, de gérer des échéanciers complexes et de piloter des transformations majeures. Pourtant, certaines personnes, certaines contributions et certains signaux importants finissent par passer sous le radar.
Nous parlons beaucoup de mobilisation, de leadership et de culture organisationnelle. Nous parlons moins souvent de présence, d'attention et de cette capacité à remarquer ce qui ne figure dans aucun tableau de bord.
J'ai écrit un billet sur ce sujet. Sur ce qui se passe lorsque l'urgence occupe tout l'espace. Sur notre capacité à voir — ou à ne plus voir — les personnes derrière les rôles, les fonctions et les résultats. Une réflexion sur l'observation, la reconnaissance, la confiance, les relations humaines et sur la place qu'occupe aujourd'hui le hiatus, cet espace-temps devenu essentiel dans ma pratique.
Et vous, prenez-vous le temps de voir ce qui compte vraiment?