Les relations publiques deviennent plus importantes que le marketing à l’ère de l’IA
Je vais probablement créer un léger inconfort en disant ceci, mais je pense sincèrement que les relations publiques redeviennent aujourd’hui plus stratégiques que le marketing dans plusieurs organisations.
Et je dis cela avec énormément de respect pour le marketing, parce qu’à mes yeux, les deux disciplines ne devraient jamais être opposées. Elles sont profondément complémentaires.
Mais je pense sincèrement que nous sommes en train de sortir de l’économie de l’attention pour entrer dans l’économie de la confiance.
Depuis des années, les organisations se battent pour : de la production de contenu, de la rapidité, de la visibilité, des clics, des conversions, des algorithmes, de l’engagement. Vous voyez le topo. L’économie de l’attention, en bref, et à fond.
Et ça a fonctionné.
Par contre, aujourd’hui, tout le monde peut produire du contenu. Tout le monde peut générer des campagnes. Tout le monde peut écrire des publications « authentiques ». Tout le monde peut fabriquer une image de marque crédible en apparence. L’IA est en train de démocratiser la création à une vitesse complètement folle. Les outils donnent l’impression que tout est accessible, simple, instantané… et surtout moins cher. Attention : ce n’est pas parce que tout devient « plus facile » que tout devient « qualité »! Que non!
Entre produire du contenu et construire de la confiance, il existe un monde. Et c’est exactement là où les relations publiques re.prennent une place fondamentale.
Pourquoi? Parce qu’il y a une différence immense entre : créer de la visibilité et soutenir de la crédibilité.
À mon avis, à l’ère de l’IA, la vraie question n’est plus : « Est-ce qu’on nous voit ? » Mais : « Est-ce qu’on nous croit encore ? »
Pourquoi je crois encore aux relations humaines dans un monde algorithmique
J’observe un grand paradoxe dans mon quotidien. J’enseigne la réputation, les médias sociaux et les relations publiques à l’université. J’utilise l’intelligence artificielle TOUS les jours. Je m’intéresse aux transformations numériques, aux nouveaux comportements des publics et à l’évolution constante des plateformes.
Pourtant, plus la technologie progresse, plus je me surprends à revenir à une conviction qui ne m’a finalement jamais quittée : les relations humaines demeurent notre actif le plus précieux.
C’est galvaudé, me direz-vous. Et pourtant, est-ce que l’on se le rappelle assez? Je ne pense pas.
Cette réflexion m’est revenue avec force cette semaine en regardant les images du défilé de La Victoire de Montréal.
Et ce qui m’a frappée n’est pas tant la victoire de l’une ou l’élimination de l’autre. C’est la foule. Les milliers de personnes qui ont choisi de quitter leur salon, de prendre le métro, de se déplacer en famille ou entre amis pour vivre un moment ensemble. Ma belle-fille était là. Elle m’envoyait des photos et des vidéos en direct. Elle trippait. Elle vivait pleinement le moment. Comme les petites filles qui regardaient leurs héroïnes avec des étoiles dans les yeux. Comme les mères qui voient dans ces joueuses exceptionnelles le chemin qu’elles ouvrent pour la génération de leurs filles. Pendant quelques heures, des milliers de personnes ont partagé la même émotion dans le même espace. Elles étaient connectées. En vrai.
Cette image mérite qu’on s’y attarde.
Nous vivons probablement à l’époque la plus connectée de l’histoire. Nous pouvons communiquer instantanément avec des personnes situées à l’autre bout du monde. Nous pouvons travailler, apprendre, collaborer et entretenir des relations sans quitter notre bureau. Nous avons accès à une quantité phénoménale d’information.
Et pourtant, malgré tous ces progrès, les gens continuent de rechercher des expériences réelles, des échanges authentiques et des moments de présence partagée.
Après plus de vingt-cinq ans en communications et en relations publiques, je constate que nous avons consacré énormément d’énergie à mesurer l’attention alors que la véritable valeur se trouvait peut-être ailleurs. Dans la qualité des relations? Dans le sentiment d’appartenance? Dans la confiance? Oui, définitivement. Dans ce lien invisible qui fait qu’une personne se reconnaît dans une équipe, une organisation, une institution, une cause ou une communauté.