La nature, une alliée insoupçonnée de la communication stratégique
Juillet 2026 - Retrouver une qualité d'attention
L'été transforme naturellement notre rapport au temps. Les agendas s'allègent, le rythme ralentit et l'espace mental s'ouvre enfin à l'observation. Cette saison offre une occasion précieuse de retrouver une qualité d'attention qui nourrit la réflexion, affine notre jugement et influence directement la qualité de nos décisions.
Cet été, je passe le plus de temps possible dans la nature, en Estrie. Je vis au rythme du vert des arbres, au pied de la montagne, et je m'accorde enfin le temps de contempler le ciel, les couchers de soleil, les nuages et tout ce qui compose ce paysage vivant.
J'écoute et j’observe aussi les oiseaux, marmottes, les chevreuils et tous ces petits moments qui passent souvent inaperçus. Après tout, on sort la fille de la ville, mais on ne sort jamais complètement la ville de la fille. J'avoue que même une marmotte réussit encore à éveiller ma curiosité. Chaque coup d’œil devient ainsi une invitation à regarder autrement.
Observer avant d'agir
Cette habitude d'observer fait partie intégrante de mon travail.
En communication stratégique, les meilleures décisions prennent rarement naissance dans l'urgence. Elles émergent d'une compréhension fine des dynamiques humaines, des relations, des préoccupations et des attentes qui façonnent une organisation.
La nature nous rappelle cette vérité avec une étonnante simplicité. Rien n'y semble précipité. Les saisons suivent leur cours, les arbres grandissent à leur rythme et chaque transformation trouve le moment qui lui convient. Cette patience invite à observer davantage avant d'intervenir.
Les organisations ressemblent à des écosystèmes
Plus je passe du temps dehors, plus je réalise à quel point les organisations ressemblent à des écosystèmes vivants.
Une forêt fonctionne grâce à un équilibre subtil entre les arbres, les racines, le sol, les champignons, l'eau, les insectes et les animaux. Chaque élément influence l'ensemble. Rien n'évolue complètement en vase clos.
Les organisations suivent une logique étonnamment semblable. La communication influence la culture. La culture influence le leadership. Le leadership nourrit la confiance. La confiance façonne la mobilisation. La mobilisation influence la réputation. Chaque décision produit des effets bien au-delà de son point de départ.
Cette vision systémique guide chacune de mes interventions. Derrière chaque mandat, je cherche avant tout à comprendre les liens qui unissent les personnes, les équipes et les enjeux.
La nature remet les choses en perspective
Il suffit parfois d'une marche de quelques kilomètres pour que certaines idées deviennent soudainement plus claires.
Les problèmes retrouvent leur juste dimension. Les priorités se réorganisent presque naturellement. Les liens entre différents enjeux apparaissent avec une étonnante évidence.
Je remarque souvent que mes meilleures idées émergent loin de mon bureau. Elles prennent forme devant un paysage ou simplement en observant les nuages traverser le ciel. Mon esprit établit alors des connexions qu'il aurait probablement ignorées devant un écran.
La curiosité nourrit l'intelligence stratégique
La nature réveille aussi quelque chose que le quotidien sollicite parfois moins : la curiosité.
Observer un oiseau construire voler d’un arbre à l’autre, suivre le déplacement des nuages ou sourire devant une marmotte qui surgit sans prévenir rappelle qu'il existe encore énormément de choses à apprendre simplement en regardant autour de soi.
Cette curiosité nourrit directement ma pratique professionnelle.
Elle m'incite à poser davantage de questions, à remettre certaines évidences en perspective, à explorer différentes hypothèses et à chercher ce qui se cache derrière les premières impressions. Après plus de vingt-cinq ans en communication, je demeure convaincue que les meilleures stratégies naissent rarement des meilleures réponses. Elles prennent naissance grâce aux meilleures questions.
Une compétence souvent sous-estimée
Notre époque célèbre la rapidité, la performance et la capacité à produire toujours davantage.
Pourtant, la qualité d'une stratégie dépend aussi de la qualité du regard que l'on porte sur une situation.
Prendre le temps d'observer, de réfléchir, d'écouter et de laisser mûrir certaines idées représente, à mes yeux, une compétence professionnelle à part entière. Cette disponibilité intérieure ouvre souvent la voie à des décisions plus justes, plus cohérentes et plus durables.
Revenir autrement
La façon dont je passe mon été me rappelle finalement que le travail d'une stratège commence bien avant la rédaction d'un plan de communication.
Il commence par la capacité d'observer, de comprendre les relations qui unissent les personnes, de reconnaître les dynamiques qui façonnent les organisations et de voir ce que d'autres remarquent moins facilement.
Voilà pourquoi j'aime autant passer du temps dans la nature. J'y trouve du calme, bien sûr. Mais j'y trouve surtout une façon de cultiver ce qui me semble essentiel dans mon métier : la curiosité, la lucidité, la perspective… et cette capacité à mieux comprendre le vivant.
Parce qu'au fond, les organisations sont vivantes.
Et les meilleures stratégies naissent souvent de celles et ceux qui prennent encore le temps de les observer.
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Guyane Perron, PRP, est stratège en communication et relations publiques et fondatrice de Hiatus stratégie. Elle accompagne les organisations publiques, parapubliques, philanthropiques, communautaires et privées dans leurs enjeux de réputation, de mobilisation, de transformation et de communication stratégique. Pour la contacter, c’est ici.
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